suivez nous sur facebook


PROSTATE :Hyperplasie Bénigne de la Prostate(HBP)

La prostate est une glande qui a pour fonction de sécréter le liquide séminal qui constitue la majeure partie du sperme. Elle est située entre la vessie et le pénis, autour de l’urètre (le conduit qui sert à l’écoulement de l’urine et du sperme). Jusqu’à un certain âge (souvent 40 ans à 50 ans), tout va pour le mieux. Puis, la prostate se met à grossir en accroissant sa quantité de cellules: c’est l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP).
En augmentant de volume, elle compresse l’urètre et diminue le flot urinaire.

Symptômes de l’hyperplasie bénigne de la prostate


▪    Le jet d’urine devient de moins en moins fort.
▪    Les envies d’uriner sont de plus en plus fréquentes (d’abord la nuit, avec des réveils fréquents, puis le jour).
▪    Le jet tarde à démarrer, il faut faire un effort pour l’amorcer.
▪    Le jet s’interrompt, devient intermittent.
▪    La vessie ne se vide pas complètement.
▪    À l’occasion, quelques gouttes peuvent s’échapper au mauvais moment
▪    Des douleurs peuvent apparaître lors de la miction (lorsqu’on urine).
▪    Il est possible que du sang se mêle à l’urine.
▪    Le risque d’infection urinaire et/ou de la prostate augmente.
▪    L’éjaculation peut aussi être atteinte.


L’hyperplasie de la prostate est un problème qui menace tous les hommes. En effet, dès l’âge de 50 ans, environ la moitié des hommes souffrent de ses symptômes à divers degrés. À l’âge de 80, au-delà de 80% des hommes en ont des symptômes et le 20% restant montre des signes d’hyperplasie à la biopsie. Comme l’espérance de vie masculine avoisine le 80, on peut donc parler d’un problème de santé réel pour tous les hommes.

D’où vient l’HBP
Dans le but de mieux comprendre les mécanismes d’action des PSN utilisés pour soulager les symptômes et diminuer la progression de l’HBP, je vous propose un très bref aperçu des hypothèses actuelles sur l’HBP.
Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer l’hyperplasie bénigne de la prostate dont: stimulation hormonale de la division cellulaire, stimulation adrénergique de la croissance cellulaire et mécanismes immuno-inflammatoires.

Stimulation hormonale
Une hypothèse fort intéressante a comme point de départ la réduction du taux de testostérone libre dans le sang. Pour palier au manque de testostérone, les cellules prostatiques réagissent en fabriquant plus d’enzymes 5-alpha réductase (5αR). La 5αR transforme alors la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), un androgène plus puissant qui stimule la division cellulaire et cause l’hyperplasie.
Le finastéride, médicament prescrit pour traiter l’HBP et la calvitie, agit comme inhibiteur de la 5αR. Il diminue, quoique très lentement, les symptômes urinaires de l’HBP.
Rôle adrénergique
Certains auteurs mentionnent que l’augmentation de la division cellulaire serait due à une stimulation des récepteurs à l’adrénaline. C’est ce qui expliquerait le fait que les médicaments bloqueurs alpha-adrénergiques [tamsulosine (Flomax), térazosine (Hytrin), silodosine (Rapaflo), alfuzosine (Xatral)] offrent un soulagement plus rapide des symptômes de l’HBP que le finastéride. Par contre, l’effet de ces médicaments n’est que symptomatique. Ils agissent en aidant le sphincter à relaxer et permettent donc un meilleur jet d’urine.
Rôle de l’inflammation
L’HBP est toujours associée à une certaine inflammation de la prostate. Mais ici, on en est encore au dilemme de l’œuf et la poule: cette inflammation est-elle la cause de l’HBP ou sa conséquence ?
Produits et solutions naturelles
Palmier nain
Le palmier nain (Serenoa repens; Sabal serrulata; Saw palmetto) est de loin le produit naturel le plus documenté et probablement le plus efficace pour l’HBP. D’ailleurs, en France, le produit Permixon® (extrait de palmier nain titré à 85-95% lipides, 160mg 2 fois par jour) de la compagnie Pierre Fabre est le médicament le plus prescrit pour l’HBP.
Le dosage de ce produit est en outre devenu le standard utilisé dans la plupart des études.

Le palmier nain est reconnu aussi efficace, plus rapide et mieux toléré que le finastéride et un extrait lipostérolique de palmier nain s’est également montré aussi efficace que le Flomax (tamsulosin).
Pendant longtemps, on a cru que le palmier nain ne faisait que soulager les symptômes urinaires secondaires de l’hyperplasie bénigne de la prostate. Des données récentes laissent supposer qu’il peut également réduire le volume de la prostate lors d’un usage à long terme. Ces mêmes données mentionnent que, durant la 2e année de traitement, le palmier nain a amélioré la fonction sexuelle. De plus, la sécurité du palmier nain est bien documentée, même pour un usage à long terme.

Mécanisme d’action
Le mécanisme d’action du palmier nain est multiple. Il agit comme inhibiteur de l’enzyme 5-alpha réductase responsable de la transformation de la testostérone en DHT (cf. théorie de la stimulation hormonale). Contrairement au finastéride, le palmier nain ne bloque pas le récepteur, mais agit plutôt au niveau de la membrane cellulaire en diminuant l’action de cet enzyme. Le palmier nain montre également des effets anti-inflammatoires (cf. théorie du rôle de l’inflammation) qui pourraient agir en synergie avec son effet inhibiteur de la 5αR pour un soulagement plus efficace de l’HBP.
Une étude toute récente portant sur l’extrait de palmier nain Prostasan (aussi appelé Sabalasan ou Prostate 1, selon le pays) confirme son effet sur la prolifération cellulaire et sur l’inflammation. Les chercheurs ont montré que l’extrait de palmier nain inhibe la sécrétion d’un médiateur de l’inflammation (interleukine IL-12) ainsi que du facteur de croissance épithélial responsable de l’hyperplasie. Ces deux derniers mécanismes sont indépendants des androgènes (testostérone et DHT).
Le palmier nain agirait donc de plusieurs façons pour diminuer les signes et symptômes de l’hyperplasie de la prostate. Quand on sait que 30% des hommes qui prennent des médicaments bloqueurs alpha-adrénergiques (cf. théorie du rôle adrénergique) ont des troubles de l’éjaculation et que 38% de ceux qui prennent du finastéride et des inhibiteurs de la 5 alpha réductase pharmaceutique ont des troubles d’érection, l’effet bénéfique du palmier nain pour ces paramètres prend toute son importance. D’ailleurs, une petite étude publiée en 2012 et portant sur l’extrait mentionné plus haut (Prostasan) montre que le palmier nain améliore la fonction sexuelle de ces messieurs de plus de 40% selon le questionnaire standardisé bSFI (brief Sexual Function Inventory).
Le palmier nain pourrait également avoir un effet protecteur contre le cancer de la prostate. Il stimule l’apoptose (mort naturelle programmée des cellules) et semble inhiber l’enzyme urokinase qui est sécrétée par les cellules cancéreuses pour permettre leur progression invasive.
Tous ces effets combinés font du palmier nain non seulement un premier choix contre l’HBP, mais aussi la plante médicinale majeure pour la santé sexuelle de l’homme.
le palmier nain peut aider à réduire la calvitie type mâle.

Prunier africain

Le prunier africain (Pygeum africanum), aussi appelé pygéum ou African plum tree, n’est pas, à proprement parler, un prunier (Prunus). C’est un arbuste à feuilles persistantes qui pousse au sud du continent africain. Le produit est extrait de l’écorce, qui était utilisée en médecine traditionnelle pour des indications urinaires. Il contient des stérols, certains triterpènes et des alcools gras spécifiques. Un extrait de pygeum est vendu comme médicament en Europe sous le nom Tadenan® (Debat Pharmaceuticals).

Mécanisme d’action
:
Le mécanisme d’action du prunier africain n’est pas encore très clair. On sait qu’il est plus efficace que le placebo, mais moins que le palmier nain, pour diminuer les symptômes urinaires de l’HBP; qu’il bloque une partie de l’action de la DHT ; et qu’il inhibe certains facteurs de croissance impliqués dans l’HBP.
De plus, in vitro, le pygéum a démontré de légers effets anti-inflammatoire  et anticancer.
Études: Le prunier africain serait plus efficace en association avec un extrait de racine d’ortie (Urtica dioica).
En 2002,  une méta-analyse sur le pygéum conclut que le prunier africain est utile, mais qu’il n’est pas très puissant. Les auteurs mentionnent également que les 18 études publiées ne comptent que de petits nombres de patients.
Une petite étude brésilienne effectuée sur 49 patients âgés de plus de 50 ans et fortement symptomatiques vient brouiller les cartes. Cette étude n’a pas trouvé la combinaison pygeum et ortie plus efficace que le placebo.

Note: Le plus gros problème du pygéum est la source de matière première. En effet, le prunier africain est un arbuste dont on récolte l’écorce en milieu sauvage. Les quantités exportées d’Afrique ont atteint 3225 tonnes métriques en 1997, mais il n’est pas possible de maintenir ces quantités à long terme. À preuve, les exports ont chuté au début des années 2000 à moins de 1500 tonnes, et ce n’était pas à cause d’une baisse de la demande. Des efforts de culture sont entrepris, mais depuis 1995, l’arbuste est sur la liste des plantes en voie de disparition (CITES – Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora).

Dosage: Choisir un extrait titré (200:1; 14% triterpènes et 0,5% n-docosanol) et prendre une dose de 50mg par jour (entre 25 et 100mg par jour ont été étudiés, mais 50mg semble aussi efficace que 100mg).

Précautions: Aucun effet secondaire ni interaction (outre l’effet synergique entre le pygeum, l’ortie et le palmier nain (7)) n’a été rapporté. Le pygeum n’est pas recommandé durant la grossesse et l’allaitement, mais aucun effet n’est prévisible.

Grande ortie

On a déjà abordé la racine de grande ortie (Urtica dioica) avec les deux produits précédents car elle semble agir en synergie avec le pygéum et le palmier nain. Seule, la racine de grande ortie n’est pas très efficace. On la retrouve toujours dans des formules complexes avec l’un et/ou l’autre de ces deux ingrédients.
Mécanisme d’action: On sait que la grande ortie a un léger effet d’inhibition de la 5 alpha-réductase (voir la théorie de la stimulation hormonale dans l’article Pour hommes seulement!)  et qu’elle inhibe la prolifération des cellules du cancer de la prostate (in vitro). Son effet le plus intéressant est peut-être sa capacité à se lier à des récepteurs hormonaux sur les globulines (des protéines du sang). C’est probablement cet effet qui expliquerait la synergie avec les deux autres plantes.

Dosage
:
600 à 1200mg d’extrait (5:1) par jour.
Précautions: Aucun effet secondaire ni interaction n’a encore été rapporté. Quoique la feuille d’ortie soit utilisée comme légume (une fois cuite, sinon, attention aux poils urticants!), les extraits de racine ne sont pas recommandés pour la femme enceinte ou qui allaite, faute de données.

Graine de citrouille

La graine de citrouille (Cucurbita pepo) est utilisée entière, sous forme d’extrait ou, le plus fréquemment, sous forme d’huile. Elle contient des acides gras spécifiques, des phytostérols et un acide aminé spécifique, la cucurbitine.

Mécanisme d’action: Le mécanisme d’action de la graine de citrouille n’est pas encore élucidé, mais son effet sur les symptômes de l’HBP, probablement dû à son contenu en stérols(14), est plus puissant que le placebo.

Note: Un petit mot concernant son nom latin: Cucurbita pepo fait référence non seulement à la citrouille, mais aussi à toutes les courges qui ont cette forme particulière. Ainsi, la courge Butter Nut et le potiron sont des Cucurbita pepo et leurs graines ont toutes les mêmes propriétés. Donc, quand vous lirez que « seul un type particulier de citrouille a des propriétés médicinales, » vous aurez un petit sourire en coin…

Dosage
:
En huile: 1g, 3 fois par jour. En terme de stérols: 120mg de bêta-sitostérol par jour (à jeun).
Précautions: Aucun effet secondaire n’a été rapporté. Par contre, les suppléments d’huile en capsule, quel qu’ils soient, devraient être pris en mangeant.
Un cas d’interaction entre le coumadin et une formule complexe contenant entre autres de la citrouille a été rapporté. Par contre, cette interaction ne peut pas être liée à la citrouille.
Attention!
Les symptômes de l’HBP peuvent ressembler à ceux de deux autres pathologies plus graves: le cancer de la prostate et la prostatite. C’est pourquoi il est primordial de consulter un médecin pour obtenir un diagnostique précis.

Bêta-sitostérol

Le β-sitostérol est un phytostérol connu principalement pour ses propriétés d’inhibition de l’absorption du cholestérol, plutôt que pour son effet sur la prostate (voir Phytostérols et cholestérol). Au niveau de l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), son mécanisme d’action n’est toujours pas élucidé. Certains auteurs parlent d’un effet hormonal; d’autres d’un effet anti-inflammatoire (via la cycloxygénase et la lipoxygénase); et d’autres envisagent un effet sur le TGF (transforming growth factor), mais rien n’est encore concluant.(2)
Le β-sitostérol est vendu dans des produits standardisés en β-sitostérol: soit dans un extrait d’Hypoxis rooperi (aussi appelée «patate africaine» ou «herbe étoilée d’Afrique du Sud»), soit dans un complexe de phytostérols provenant du pin (Pinus spp), de l’épinette (Picea spp : variété européenne) ou encore du soya (l’origine n’est pas toujours inscrite sur l’étiquette du produit). Il faut aussi savoir que le β-sitostérol est un des principes actifs du palmier nain et du pygéum.
Selon une étude allemande, l’effet significatif du β-sitostérol sur les symptômes de l’HBP semble perdurer après l’arrêt du traitement.(3,4) Très utilisé en Allemagne, il l’est moins fréquemment ici où on lui préfère le palmier nain et les autres plantes.
Le dosage varie entre 60mg et 130mg de β-sitostérol par jour. Seuls des effets secondaires digestifs légers (chez 1,6% des participants) ont été rapportés.

Épilobe
L’épilobe est un nouveau venu dans les produits de santé naturels pour l’HBP au Canada, mais il bénéficie d’une longue tradition et d’un usage reconnu en Europe. Son indication dans l’HBP est supportée par un brevet (5), mais en terme de documentation clinique publiée, c’est le néant. Les deux variétés d’épilobe qu’on retrouve dans les produits sont Epilobium parviflorum et Epilobium angustifolium L. Elles ont toutes deux pour effet d’inhiber la 5 alpha réductase in vitro et l’aromatase . Aucun dosage n’a été établi à ce jour.

Cernilton

Cernilton® (aussi appelé Cernitin®) est un produit breveté composé de deux extraits différents de pollen de seigle (Secale cereale). Chaque comprimé contient 60mg d’extrait de pollen hydrosoluble appelé Cernitin T60 et 3mg d’extrait de pollen liposoluble appelé Cernitin GBX. La composition exacte des extraits n’est pas disponible. Ce produit, fabriqué par AB Cernelle (Engelholm, Suède), est vendu de par le monde depuis des décennies.
Cernilton® semble moins efficace que le palmier nain, même si aucune étude n’a effectivement comparé ces deux produits. Cernilton® est bien toléré puisque une seule des quatre études cliniques mentionnées dans une méta-analyse(9) rapporte une légère nausée chez 1 des 103 participants.
Une indication intéressante pour ce produit est la douleur associée à la prostatite chronique. En effet, une étude clinique contre placébo sur 139 hommes souffrant de prostatite chronique sur une période de 12 semaines montre que le produit est efficace pour réduire les symptômes et la douleur associée. La dose utilisée dans les études est de 2 comprimés, 3 fois par jour.

Nutriments
Le zinc, le magnésium et la vitamine B6 sont des nutriments utiles pour la prostate. Peu de données cliniques valident cette assertion, mais une certaine logique prévaut dans leur utilisation comme adjuvant de traitement dans les troubles de la prostate.
Le zinc est nécessaire à la santé de la prostate. Il est impliqué dans le métabolisme hormonal et est fréquemment en carence chez les «prostatiques». Ce lien entre le taux de zinc et la santé de la prostate est documenté depuis les années 1950) Un faible taux de zinc, en particulier lorsque causé par une interaction médicamenteuse (hydrochlorothiazide, un diurétique), peut entrainer des dysfonctions sexuelles. Une supplémentation à des doses variant de l’apport nutritionnel recommandé  à 15 mg par jour est reliée à des effets bénéfiques.
D’ailleurs, chez la souris, le zinc semble avoir un effet inhibiteur de la formation et de la propagation des tumeurs. Par contre, des doses élevées (plus de 100mg par jour) peuvent occasionner une baisse de l’immunité et une augmentation potentielle des cancers de la prostate.
Le magnésium est principalement utile pour la prostate à cause de son effet vasculaire. Il semble jouer un rôle important dans la fonction des cellules qui tapissent l’intérieur du cœur et des vaisseaux (fonction endothéliale), dans la vasodilatation (relaxation des vaisseaux) et dans la santé vasculaire en général. Il est également reconnu pour faciliter la relaxation et la normalisation du système nerveux. Le taux de carence en magnésium dans la population est estimé à environ 20%.
Selon la USDA, ce serait 60% des américains qui seraient carencés.  (voir Plus de magnésium = plus en santé? Cette carence endémique serait un des facteurs causals des pathologies de type «artériosclérose» incluant plusieurs formes de dysfonctions érectiles.
La vitamine B6 (pyridoxine) est impliquée dans le métabolisme hormonal, de même que dans la spermatogenèse. Elle est donc nécessaire au bon fonctionnement de l’appareil masculin.

Aperçu
Dans le prochain billet de cette série, nous aborderons la prévention du cancer de la prostate par les nutriments et aliments: le lycopène, le sélénium, le soya et les légumineuses ainsi que la graine de lin.

Quelques infos supplémentaires :
Si vous (ou un de vos proches) n’arrivez pas à mieux vous  traiter ou si vous voulez savoir s’il y a d’autres moyens de regagner sa santé,

Envoyez un e-mail : contact@guerirautrement.info


Peut-être retrouveriez-vous votre santé autrement et votre joie de vivre !

Accueil     |     Présentation     |     Dossier     |      Formations     |     Contact
Copyright © Guerirautrement.info - 2012 - Mise à jour par CsWebDz