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Intérêt du shiatsu chez des patients cancéreux traités par chimiothérapie

Information destinée aux médecins et oncologues qui sont soucieux de soulager et d’aider leurs malades par l’acupuncture et les massages en particulier le shiatsu, la réflexologie et la nutrition que nous pratiquons et offrons  au sein du Cabinet du Bien-Etre.

Les informations qui suivent ont été publiées sur le Shiatsu ci-dessous  un article original sur les effets thérapeutiques de la technique en cancérologie. Les thérapies complémentaires censées générées un minimum d’effets secondaires sont utilisées autant que possible durant des traitements médicaux lourds.

Introduction par le Dr.Koster-Vidal
« J’ai connu l’existence du shiatsu par une de mes patientes sous chimiothérapie pour un cancer du sein. Alors que je m’étonnais de son bon état général, du peu d’effets secondaires qu’elle ressentait et de sa rapidité de récupération après les séances de chimiothérapie (1 jour de fatigue), elle me dit : « À vrai dire Docteur, je ne sais pas si je dois vous l’avouer, mais avant et après la chimiothérapie, je fais des séances de shiatsu ! ». Depuis j’ai eu l’occasion de constater les effets de cette discipline sur d’autres malades… »

Cet extrait d’article a été pour moi le déclencheur d’une réflexion relative à ma pratique professionnelle dans la prise en charge des patients cancéreux.
Le shiatsu pouvait- il être une aide efficace pour diminuer les effets secondaires de la chimiothérapie ? Et dans l’affirmative, comment évaluer son action autrement que de manière empirique ? Il m’a semblé intéressant de réaliser une étude pour en vérifier la portée.

L’objet de cet article n’est en aucun cas de prouver quoi que ce soit en matière de cancérologie, domaine on ne peut plus sérieux et grave, qui appartient en propre à la médecine.
Le shiatsu n’est absolument pas une technique permettant de guérir un cancer, mais une aide apportant un meilleur confort de vie.
Aussi, il est utile de rappeler ce qu’écrivait le Professeur Masunaga: « un nombre croissant de gens est désabusé par les effets secondaires des drogues chimiques et se tournent vers la médecine populaire comme alternative efficace… Afin de promouvoir une connaissance et une utilisation correctes de la médecine populaire, nous devons la considérer dans sa propre perspective, c’est à dire avec ses limites et ses possibilités. Il en est de même pour le shiatsu… »

Le shiatsu

Sa traduction littérale est « pression (atsu) avec les doigts (shi) » C’est une véritable médecine au Japon, et une technique de « bien-être » en Occident. Il consiste en des pressions, étirements et mobilisations, afin de rééquilibrer tout le système énergétique, l’équilibre étant gage de bonne santé tant physique que psychologique.
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Le protocole

L’étude a été réalisée de septembre 2004 à mai 2005 auprès de 16 patients (13 femmes et 3 hommes) dans le service d’oncologie du centre hospitalier de Saintes.
Cette répartition inégale ne signifie pas que les hommes sont moins atteints que les femmes par le cancer.
Initialement, cette étude ne devait porter que sur des cancers du sein. Ce n’est qu’au début 2005 qu’elle a été ouverte à d’autres types de cancers comme indiqué dans le tableau I.
La moyenne d’âge était de 51 ans avec un écart maximum de 22 ans. Aucun des patients ne connaissait le shiatsu et chacun a reçu en moyenne 3 séances.
Tous ont présenté des effets secondaires post chimiothérapiques dont les plus fréquents ont été : fatigue physique, nausées, chute des cheveux, fatigue psychologique, vomissements, troubles de la bouche, constipation, troubles de la peau et paresthésies.
C’est au cours d’une consultation avec le médecin oncologue et aux vus des effets secondaires décrits par le patient, que lui a été proposée une prise en charge shiatsu. Une évaluation a été faite par l’Equipe Mobile de Soins Palliatifs, son but étant de proposer une prise en charge pluridisciplinaire pouvant inclure du massage à visée relaxante et/ou un soutien psychologique. Le shiatsu a toujours été présenté comme une technique permettant une meilleure qualité de vie.
Au cours du premier entretien, le patient a été informé de la technique, de ce qu’il pouvait en attendre, des éventuels effets délétères. À l’issue de l’entretien, un résumé écrit de la méthode shiatsu lui a été remis ainsi qu’un formulaire de consentement éclairé (annexes 1 et 2).
Le formulaire lui précisait que le shiatsu n’était qu’un complément du traitement médical, et qu’en aucune façon il ne le remplaçait. Avant chaque séance de shiatsu, il a été demandé au patient d’auto-évaluer les effets secondaires après la chimiothérapie.
Pour chaque symptôme ressenti, il précisait : son moment d’apparition, sa durée, son intensité, et des remarques éventuelles. L’intensité était appréciée sur une échelle de 0 à 10, représentant la gêne occasionnée (0 = aucune gêne ; 10 = gêne maximale). Un point téléphonique était fait de manière systématique 2 ou 3 jours après chaque séance de shiatsu.

Les séances de shiatsu ont été réalisées à la suite des séances de chimiothérapie et de préférence le jour
même, car il a été montré une plus grande pertinence des résultats dans ce cas de figure. Les données et les appréciations de chaque patient ont été enregistrées au fur et à mesure de ces séances. Un tableau synthétique a permis de regrouper les symptômes et l’analyse de chacun d’eux.

Analyse des résultats
L’ensemble des patients a ressenti une diminution des effets secondaires. En ce qui concerne la chute des cheveux, l’appréciation est davantage liée à l’acceptation de soi, qui évolue positivement avec le temps. De la même manière, la fatigue physique et la fatigue psychologique sont souvent liées aux nausées et aux vomissements. Dès lors que ceux-ci disparaissent, après
les séances de shiatsu, ils améliorent l’état général. Pour les 16 cas étudiés, les effets secondaires les plus fréquemment rencontrés sont présentés dans le tableau II.
D’autres effets, peu fréquents, ont été regroupés sous
une seule rubrique : « autres effets secondaires ».

Tableau I. Les différents types de cancer entrant dans l’étude.
Types de cancer                 %               Nombre                Métastases
Sein                          56,2                 9                            1
Poumon                    12,5                 2                            1
Ovaire                      12,5                 2                            2
Colon                        12,5                 2                            1
Œsophage                 6,3                 1                             1

 « la fatigue physique et la fatigue psychologique sont souvent liées aux nausées et aux vomissements. Dès lors que ceux-ci disparaissent, après les séances de shiatsu, ils améliorent l’état général. »

Intérêt du shiatsu chez des patients cancéreux
L’ amélioration éprouvée par l’ensemble des patients est en moyenne de 64,4 %, tous symptômes confondus.
Globalement presque tous les effets secondaires sont réduits. Certains plus que d’autres puisque la fourchette (si on enlève les cervicalgies, dues en fait à des métastases osseuses diagnostiquées tardivement) est de 40 à 83,3 %. Parmi les très bons résultats on trouve :
les vomissements (un patient est passé de 10 vomissements par jour pendant une semaine, avant les séances de shiatsu, à 3 vomissements uniquement le lendemain de la 1re séance) et les problèmes buccaux : les patients peuvent plus rapidement s’alimenter à nouveau, ce qui diminue la fatigue physique.
À l’inverse, parmi les résultats faibles, on trouve en premier la chute des cheveux liée à la chimiothérapie.
Cette gêne est aussi un signe visible pour l’entourage du patient. Le port d’un casque réfrigérant peut ralentir cette chute.
Le shiatsu, dans ce cas, a peut-être simplement potentialisé les effets bénéfiques du casque.
On trouve en second la fatigue psychologique. Elle est difficilement mesurable puisque liée à de nombreux facteurs, même si les séances de shiatsu sont bien ressenties par les patients

Présentation d’un cas clinique
C’est le cas le plus représentatif des résultats de la prise en charge des effets secondaires par le shiatsu. Cette patiente atteinte d’un cancer du sein (le plus fréquent de cette étude) a vu son état général
s’améliorer de façon significative. Le bien-être est d’autant mieux ressenti qu’il existe une forte corrélation de concomitance entre la chimiothérapie et le shiatsu.

Conclusion
Le shiatsu diminue les effets secondaires de la chimiothérapie, comme l’évoquait le Dr Koster-Vidal. L’action sur les méridiens est majorée par l’effet de détente induit par le shiatsu. Ce bien être est à rapprocher de celui produit par le massage.
Depuis cette étude, d’autres malades sont pris en charge par des séances de shiatsu et les résultats se confirment.
Il est préférable d’intervenir au plus près de la séance de chimiothérapie, l’idéal étant le jour même et tout de suite après.
Cependant cette formule augmente la durée de la prise en charge du malade (environ 3 à 4 heures au total).
Le shiatsu s’intègre parfaitement dans le système de soins hospitaliers, en prenant place dans le projet de soins du malade.
Il oeuvre pour le bien-être des patients et reste une technique adjuvante d’aide et non l’axe majeur du traitement

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